Colloques

Transport de marchandises

juillet 2005

Traversées Alpines, l’alternative fluviale

L’auteur attire notre attention sur l’hétérogénéité des données : d’un côté Alpinfo 2003 , de l’autre l’Enquête transit 1999, et les risques que cela comporte. Par ailleurs, il sera possible d’affiner les résultats, notamment en se basant sur les chiffres de l’enquête transit 2004 dont les résultats ne sont pas encore disponibles.

TRAVERSEES ALPINES, L’ALTERNATIVE FLUVIALE. 

Lopez Charles, VNF dir. interrégionale de Lyon, Laboratoire d’Économie des Transports Univ. Lumière Lyon II.
Lyon, Juillet 2005. 

Les régions françaises dans leurs flux d’échanges avec l’Italie via le tunnel du Fréjus peuvent être réparties en trois groupes distincts. Un quart Nord-Est comprenant l’Alsace, la Lorraine, la Franche-Comté et Champagne-Ardennes est susceptible de traverser les Alpes en empruntant les tunnels suisses (Saint Gothard ou Grand Saint Bernard) soit 2,2 millions de tonnes. Les poids lourds en provenance ou à destination d’une moitié Sud (Aquitaine, Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon, PACA) devraient se reporter sur Vintimille, environ 400.000 tonnes. Certains flux de transit ne devraient pas se reporter sur le Mont-Blanc. Il en est ainsi pour les trafics dont l’origine/destination est la confédération helvétique (70.000 tonnes) ou la péninsule ibérique (90.000 tonnes).

 Nous pouvons également écarter des flux transférables sur le fleuve certains produits agricoles difficilement conteneurisables : légumes, animaux vivants soit un total de 740.000 tonnes. D’autres marchandises sont également peu ou non conteneurisables, mais peuvent être acheminées sous forme de vracs (alternative fluvio-maritime) : bois, céréales comptant pour 1,2 millions de tonnes (échanges et transit) ou encore les minéraux bruts. Les marchandises dangereuses (regroupement des combustibles, engrais, produits chimiques, et produits pétroliers) ne sont pas considérées comme conteneurisables. Elles peuvent toutefois faire l’objet d’une offre de transport fluvial particulière et/ou se reporter en partie sur l’autoroute ferroviaire Aiton - Orbassano, liaison qui n’admet que des camions citernes.

 Le potentiel du fleuve est de 15,28 millions de tonnes dont 2,38 millions pour le vrac (fluvio-maritime). Le tableau ci-dessous détaille les reports de trafic en provenance du Fréjus.

Répartition des flux routiers de marchandises avant et après l’incendie du fréjus.

(source : Alpinfo 2003)

Flux transalpins avant l’incendie du Fréjus

Flux transalpins "estimés" après l’incendie du Fréjus

 

 

 

a

b

a b

 

 

t (millions)

Report de trafic en provenance du Fréjus (calculé à partir de l’enquête transit 1999)

Trafic total report compris en t (millions)

Trafic aux différents passages alpins (source enquête transit 1999)

Fréjus

20,70

-

-

22,81

 

 

 

 

 

Saint Gothard

9,20

2,27

12,17

-

Grand Saint Bernard

0,70

 

 

-

 

 

 

 

 

Vintimille

15,40

 

 

13,00

si service maritime France - Italie

 

0,0

15,40

-

si aucun service maritime France - Italie

 

0,50

15,90

-

 

 

 

 

 

Maritime France-Italie

-

0,50

0,50

-

dans l’optique de la mise en service d’une liaison Ro-Ro

 

 

 

Potentiel fluvial maritime

 

15,28

15,28

-

dont : conteneurs

 

12,90

12,90

-

 vrac

 

2,38

2,38

-

 

 

 

 

 

Mont -Blanc

4,50

4,76

9,26

2,85

Le report de trafic au Mont-Blanc = trafic au Fréjus en 1999 - [ report vers la Suisse (St Gothard et Grand St Bernard) report sur Vintimille ou service maritime France - Italie Potentiel fluvial maritime ] Source : Alpinfo 2003 ; Enquête transit 1999 ; VNF dir. Interrégionale de Lyon. Le fleuve ne parviendra pas à capter la totalité de ce potentiel de 15 millions de tonnes. Il semble en revanche plus réaliste d’attendre de la voie d’eau qu’elle puisse traiter de 5 à 10% de ce potentiel - si toutefois le contournement fluvial des Alpes fait l’objet d’une volonté politique forte - . Pour un scénario à 5%, le flux supplémentaire de conteneurs serait d’environ 54.000 EVP (dont 47% à l’export et 53% à l’import). Ce premier scénario ne nécessite pas de modification de l’existant, les opérateurs fluviaux disposant de réserves de capacités suffisantes pour absorber cet afflux. Le trafic de conteneurs sur Rhône-Saône serait plus que doublé. Pour le vrac, ce serait 120.000 tonnes additionnelles (58% à l’export et 42% à l’import) à traiter soit un accroissement de 20% des échanges par voie fluvio-maritime. Pour un scénario à 10%, les valeurs précédentes seraient doublées : 107.000 EVP et 240.000 tonnes. Un tel développement supposerait la mise en service d’un nouveau convoi poussé (250 EVP de capacité) et d’un automoteur (80 EVP de capacité) fonctionnant à 90% de ses capacités de chargement. Pour des informations complémentaires se rapporter aux annexes

ANNEXES

ANNEXE 1 : Les trafics routiers au Mont-Blanc et au Fréjus avant et après l’incendie du Fréjus.
ANNEXE 2 : Flux d’échanges et de transit entre les principales régions exportatrices et destinataires avec l’Italie. ANNEXE 3 : Décomposition du potentiel de la voie d’eau suit à la fermeture du Fréjus.
ANNEXE 4 : Scénario de report de trafic routier du Fréjus vers la voie d’eau.
ANNEXE 5 : Unités de transport fluvial supplémentaires à mettre en service selon le scénario de report modal retenu. 

 

ANNEXE 1 : Les trafics routiers au Mont-Blanc et au Fréjus avant et après l’incendie du Fréjus.

 

.

.

moyenne journalière sur 28 jours

.

.

TMB

TF

Total

au 03/06/05 veille de l’incendie du Fréjus

VL

2 781

2 237

5 018

.

PL autocars

1 251

2 968

4 219

au 30/06/05

VL

2 870

301

3 171

.

PL autocars

2 862

397

3 259

Source : www-tunnelmb.net

ANNEXE 2 : Flux d’échanges et de transit entre les principales régions exportatrices et destinataires avec l’Italie.

En tonnes.

TRANSIT

ECHANGES

Lombardie

5 410 000

Lombardie

6 320 000

Lombardie - Catalogne

886 000

Lombardie - Rhône-Alpes (1)

1 590 000

Lombardie - Pays Basque

332 000

Lombardie - PACA

840 000

Lombardie - Madrid

257 000

Lombardie - Ile de France (1)

520 000

Lombardie - Valence

221 000

Lombardie - Bourgogne (1)

410 000

Lombardie - Westphalie

170 000

.

.

.

.

Piémont

5 410 000

Piémont

2 970 000

Piémont - Rhône-Alpes (1)

1 370 000

Piémont - Catalogne

293 000

Piémont - PACA

780 000

Piémont - Madrid

198 000

Piémont - Ile de France (1)

560 000

.

.

Emilie-Romagne

2 960 000

.

.

Emilie-Romagne - PACA

510 000

Source : enquête transit 1999

(1) Flux susceptibles d’emprunter le tunnel du Fréjus et donc de faire l’objet d’un report modal vers la voie d’eau

ANNEXE 3 : Décomposition du potentiel de la voie d’eau suite à la fermeture du Fréjus

POTENTIEL FLUX D’ECHANGE

 

.

t (millions)

PL moyens par jour

Flux d’échanges routiers de marchandises par le tunnel du Fréjus (France-Italie, import et export)

.

15,95

2 700

Flux pouvant privilégier d’autres points de passages

Nord-Est

-2,20

-375

.

Sud

-0,40

-70

Flux non ou difficilement conteneurisables par voie fluviale

Marchandises dangereuses

-2,20

-375

.

Produits agricoles

-1,80

-300

.

Minéraux bruts

-0,95

-160

Potentiel flux d’échange conteneurs voie d’eau

 

8,40

1 420

Autres flux fluvialisables (vracs)

.

.

..

Produits agricoles

.

.

.

.

bois

0,45

70

.

céréales

0,60

100

Minéraux bruts

.

0,95

160

Potentiel flux d’échange vrac voie d’eau

.

2,00

330

Potentiel total flux d’échange voie d’eau

.

10,40

1 750

POTENTIEL FLUX DE TRANSIT

.

t (millions)

PL moyens par jour

Flux de transit routiers de marchandises par le tunnel du Fréjus

 

6,86

1 000

Flux pouvant privilégier d’autres points de passages

Espagne

-0,09

-15

.

Suisse

-0,07

-10

Flux non ou difficilement conteneurisables par voie fluviale

Marchandises dangereuses

-1,25

-200

.

Produits agricoles

-0,70

-105

.

Minéraux bruts

-0,25

-40

Potentiel transit conteneurs voie d’eau

.

4,50

630

Autres flux fluvialisables (vracs)

.

.

.

Produits agricoles

.

.

.

.

bois

0,08

12

.

céréales

0,05

7

Minéraux bruts

.

0,25

40

Potentiel transit vrac voie d’eau

.

0,38

60

Potentiel total transit voie d’eau

.

4,88

690

POTENTIEL TOTAL

 

.

EVP d’un poids moyen de 12 t

.

.

t (millions)

.

conteneurs

.

12,90

1 075 000 EVP

vracs

.

2,38

-

TOTAL

.

15,28

-

Source : VNF dir interrégionale de Lyon à partir de l’enquête transit 1999.

ANNEXE 4 : Scénarios de report de trafic routier du Fréjus vers la voie d’eau.

5% du potentiel de la voie d’eau fait l’objet d’un report modal

.

t (millions)

PL moyens par jour

échange

conteneur

0,42

71

.

vrac

0,10

17

transit

conteneur

0,23

34

.

vrac

0,02

3

Total conteneur

.

0,65

105

en EVP (base poids moyen d’un EVP 12t)

 

53 700 EVP

.

dont

Lyon - Savone

25 300 EVP

.

.

Savone - Lyon

28 400 EVP

.

.

.

t (millions)

PL moyens par jour

Total vrac

.

0,12

20

dont

Lyon - Savone

0,07

12

.

Savone - Lyon

0,05

8

10% du potentiel de la voie d’eau fait l’objet d’un report modal

 

t (millions)

PL moyens par jour

échange

conteneur

0,84

142

.

vrac

0,20

34

transit

conteneur

0,45

68

.

vrac

0,04

6

Total conteneur

.

1,29

210

en EVP (base poids moyen d’un EVP 12t)

.

107 000 EVP

.

dont

Lyon - Savone

50 000 EVP

.

.

Savone - Lyon

57 000 EVP

.

.

.

t (millions)

PL moyens par jour

Total vrac

.

0,24

40

dont

Lyon - Savone

0,14

24

.

Savone - Lyon

0,10

16

15% du potentiel de la voie d’eau fait l’objet d’un report modal

.

t (millions)

PL moyens par jour

échange

conteneur

1,26

213

.

vrac

0,30

51

transit

conteneur

0,68

102

.

vrac

0,06

9

Total conteneur

.

1,94

315

en EVP (base poids moyen d’un EVP 12t)

.

161 000 EVP

.

dont

Lyon - Savone

75 800 EVP

.

.

Savone - Lyon

85 300 EVP

.

.

.

t (millions)

PL moyens par jour

Total vrac

.

0,36

60

dont

Lyon - Savone

0,21

36

.

Savone - Lyon

0,14

24

Source : VNF dir interrégionale de Lyon à partir de l’enquête transit 1999.

ANNEXE 5 : Unités de transport fluvial supplémentaires à mettre en service selon le scénario

de report modal retenu.

RSC

.

.

.

.

Lyon - Fos

600 EVP / semaine

 

 

.

Fos - Lyon

600 EVP / semaine

 

 

.

Alcotrans

 

 

 

.

Lyon - Fos

70 EVP / semaine

 

 

.

Fos - Lyon

70 EVP / semaine

 

 

.

Réserves de capacité totales (annuelles ; 48 semaines d’exploitation)

.

Lyon - Fos

32 160 EVP

.

.

.

Fos - Lyon

32 160 EVP

.

.

.

Scénario 5%

Nb d’EVP transférés sur la voie d’eau

Réserves de capacité

Écart entre le nb d’EVP transférés et les réserves de capacité

Nb d’embarcations fluviales nécessaires pour absorber le surplus de trafic

Lyon - Fos

25 300 EVP

32 160 EVP

- 6 860 EVP

0

Fos - Lyon

28 400 EVP

32 160 EVP

- 3 760 EVP

 

Scénario 10%

Nb d’EVP transférés sur la voie d’eau

Réserves de capacité

Écart entre le nb d’EVP transférés et les réserves de capacité

Nb d’embarcations fluviales nécessaires pour absorber le surplus de trafic

Lyon - Fos

50 000 EVP

32 160 EVP

17 840 EVP

1 convoi poussé 1 automoteur (utilisé à 90% de ses capacités)

Fos - Lyon

57 000 EVP

32 160 EVP

24 840 EVP

.

Scénario 15%

Nb d’EVP transférés sur la voie d’eau

Réserves de capacité

Écart entre le nb d’EVP transférés et les réserves de capacité

Nb d’embarcations fluviales nécessaires pour absorber le surplus de trafic

Lyon - Fos

75 800 EVP

32 160 EVP

43 640 EVP

3 convois poussés dont 1 utilisé à 90% des ses capacités

Fos - Lyon

85 300 EVP

32 160 EVP

53 140 EVP

.

capacités de chargement : d’un convoi poussé : 250 EVP ; d’un automoteur : 80 EVP

Source : VNF dir interrégionale de Lyon à partir de l’enquête transit 1999.